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vendredi 18 avril 2014

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Algérie : Bouteflika réélu pour un 4e mandat avec 81,53% des voix

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Abdelaziz Bouteflika a bien été réélu président de l’Algérie avec 81,53% des voix. Les premières indications officieuses hier soir avaient révélé un raz-de-marée en sa faveur.

Le président sortant Bouteflika célèbre déjà sa victoire. - AFP PHOTO / FAROUK BATICHE
Le président sortant Bouteflika célèbre déjà sa victoire. - AFP PHOTO / FAROUK BATICHE
C’est officiel : Abdelaziz Bouteflika a bien été réélu président de l’Algérie avec 81,53% des voix et va entamer un quatrième mandat à la tête du pays. Les Algériens ont voté hier pour élire leur président, plusieurs incidents de fraude ayant émaillé la soirée. Ali Benfils, principal rival de Abdelaziz Bouteflika, a dénoncé ce matin « un bourrage des urnes sans précédent » en faveur du président sortant. « Je ne reconnais pas cette élection », a-t-il déclaré.
De fait, les premières indications officieuses, hier à 22h, donnaient Bouteflika gagnant. Son principal conseiller n’a pas attendu la publication officielle des résultats qui doit avoir lieu aujourd’hui pour proclamer sa victoire, donnant lieu à des scènes de liesse ce matin à Alger. « Notre candidat a gagné », a déclaré en fin de soirée à Reuters Abdelaziz Belkhadem, représentant personnel du chef de l’Etat. « Cela ne fait aucun doute, Bouteflika a remporté une victoire écrasante », a-t-il ajouté, sans plus de précision.
Le président algérien a été admis en avril 2013 à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris où il a passé trois mois avant de rentrer dans son pays pour y poursuivre sa convalescence. Mais depuis lors, ses apparitions publiques sont restées très rares et ses adversaires n’ont pas manqué de s’interroger sur sa capacité à diriger l’Etat.
Malgré sa faiblesse physique, Abdelaziz Bouteflika conserve plusieurs atouts qui devraient lui garantir une confortable victoire. Il dispose toujours du soutien d’une large partie de la population inquiète de voir ressurgir les violences islamistes qui avaient fait quelques 200.000 morts pendant la « décennie noire » des années 1990. « L’Algérie profonde a confiance en Bouteflika », déclarait durant la campagne Abdelmalek Sellal, qui a quitté ses fonctions de Premier ministre mi-mars pour diriger la campagne d’Abdelaziz Bouteflika. « Les gens, ajoutait-il, ne veulent pas aller vers ’l’aventurisme’. »
La probable réélection de Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, est perçue comme un gage de stabilité dans un pays où une partie de la population redoute de vivre les répercussions troublées des mouvements du « Printemps arabe » en Tunisie et en Libye voisines ou encore en Egypte. « Aucun pays n’est parfait à 100%, mais les choses qu’il a faites, il les a bien faites », a estimé un ingénieur à la retraite, Abdelsaïd Saïd, qui a voté pour le président sortant, dans le quartier de Bab El Oued. « Je sais qu’il est malade, mais je vote pour lui, pour ce qu’il a fait pour nous. Et il est toujours en mesure de gouverner », a-t-il ajouté.
Sa réélection serait aussi l’occasion d’organiser une transition en douceur, une stratégie qui a les faveurs des Américains et des Européens soucieux de maîtriser les mouvements islamistes dans la zone saharienne. « Il organise le transfert vers une république nouvelle. Il veut faire le transfert générationnel et il va le faire. On ne peut pas assurer aussi facilement un transfert », affirmait encore Sellal lors de la campagne. En 2004, Bouteflika avait été réélu avec 85% des voix, un score qu’il a porté à 90% cinq ans plus tard, lors de la précédente élection présidentielle qui, selon l’opposition, avait donné lieu à une fraude « industrielle ».

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