Un doigt sur la détente de sa kalachnikov, un autre sur les touches de son smartphone : ainsi va le djihad de Jean-Edouard, nom de guerre "Abou Tasnim", Français de 21 ans converti à l'islam le plus radical. Transformé en petit soldat de l'Etat islamique (EI), il tient sur Facebook la chronique de ses aventures syriennes : "J'suis a Tabqa a l'aéroport. C'est chaud labas [sic]", écrit-il le 21 août dernier.
L'EI tente alors d'arracher aux troupes de Bachar el-Assad leur ultime place forte dans la province de Raqqa, dans le nord du pays. Un site stratégique finalement tombé aux mains des djihadistes, au prix de l'exécution de nombreux soldats faits prisonniers. "Je suis [...] sous une pluie de balles et c'est pas simple", assure Abou Tasnim.
Mais la mitraille ne l'empêche pas de continuer à poster des messages sur les réseaux sociaux. Ses sujets favoris ? Les musulmans "rasés de près" qui n'ont pas pris les armes et même les frères ennemis de Jabhat al-Nosra, qualifiés de "murtaddin" (apostats).
Abou Tasnim est la figure centrale d'un trio parti de la région parisienne entre l'été et l'automne 2013 pour abattre le régime syrien et instaurer la charia. C'était avant que les copains d'hier ne s'engagent dans des camps rivaux, quoique tous deux djihadistes - Etat islamique ou Al-Nosra- et que la haine ne s'invite entre eux. Insultes, excommunications et menaces de mort sur Facebook et Twitter : cette histoire d'amitié s'est noyée dans l'imbroglio syrien.
Départ pour la Syrie via la Turquie
Effondrée, la mère de Jean-Edouard consulte le petit carnet qu'elle conserve pieusement dans un tiroir du salon. (...) Lire la suite sur lexpress.fr
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