Samedi matin, la journaliste de Mediapart chargée du FN, ayant eu son accréditation, avait pu suivre sans problèmes les travaux de l'université d'été. Changement de ton l'après-midi où elle s'est vue signifier qu'elle n'était plus la bienvenue. « Ils m'ont sortie en me demandant de rendre mon autocollant [qui sert de badge d'accréditation] et m'ont suivie jusque sur la route pour le reprendre », explique la journaliste.
Par solidarité, samedi après-midi, Le Monde, l'AFP, L'Humanité, L'Opinion, Le Canard enchaîné et RFI ont quitté eux aussi l'université d'été.
Du côté du FN, on explique « qu'il y a eu un problème de coordination » et que la décision d'exclure Mediapart venait de la direction du parti d'extrême droite. « Mediapart ne rentre pas dans les manifestations du Front depuis la présidentielle et leur décision de boycotter Marine Le Pen », avance Julien Rochedy, le dirigeant du FNJ.
« SYSTÈME SECTAIRE »
Tout cela entre, en tous cas, en contradiction avec le teneur des interventions du matin. Pendant une heure, Steeve Briois, David Rachline et Julien Sanchez – respectivement maire d'Hénin-Beaumont, Fréjus et Beaucaire – ont expliqué les vertus de l'implantation locale et surtout la nécessité d'apparaître comme un parti responsable et dédiabolisé.
Lire notre entretien (édition abonnés) : Marine Le Pen : « Il faut revenir au peuple »« Un bon candidat doit savoir rassembler les gens (…) Vous ne devez pas être sectaires ni mettre en place de système sectaire », a martelé M. Briois. Le secrétaire général, qui laissera sa place lors du prochain congrès, est un ardent défenseur du travail de terrain. Il a donc donné une sorte de « mode d'emploi » pour gagner une élection aux deux cents jeunes venus l'écouter.
M. Sanchez, lui, s'est réjoui que le FN ne soit « pas un parti comme les autres ». « C'est une famille, avec des dirigeants accessibles. Il faut montrer notre vrai visage : des personnes naturelles et de bon sens », a-t-il dit avant de regretter le « gaspillage d'argent public » générés par les élèves non francophones.
Mais ce qui était dans toutes les conversations, samedi, était la situation à Hayange. Dans cette ville de Moselle, le maire FN Fabien Engelmann est au centre d'une polémique concernant le financement de sa campagne municipale.
« Cela craint », dit ainsi un cadre souhaitant conserver l'anonymat. Qui ajoute : « De toute façon, on savait qu'on allait avoir des soucis avec lui. Il divise, il est trop clivant. Le problème c'est sa proximité avec Résistance républicaine [micro-groupe islamophobe lié à Riposte Laïque] ». D'autres se taisent mais disent d'un air entendu : « Laissons la commission des comptes de campagne faire son travail. »

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