«Les documents publiés montrent comment nous avons dû combattre à chaque étape pour nous opposer aux mesures de surveillance de l'administration», a affirmé Ron Bell, responsable des questions juridiques chez Yahoo! dans un message posté sur l'un des blogs officiels du groupe.
La surveillance de la NSA dénoncée par Edward Snowden
Selon lui, les autorités ont été jusqu'à menacer le géant de l'internet d'une amende de 250.000 dollars par jour pour le contraindre à dévoiler des données dans le cadre du programme d'interception des télécommunications Prism. «Nous avons refusé de nous plier à ce que nous considérions comme une surveillance contraire à la Constitution», a assuré le responsable de Yahoo!.
Révélé par l'ancien espion américain Edward Snowden réfugié en Russie, le programme Prism de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) permet d'intercepter les communications électroniques de personnes étrangères et se situant vraisemblablement à l'étranger.
«Une victoire importante pour la transparence»
Selon les documents d'Edward Snowden, Facebook, Google, Microsoft, Apple, AOL, Skype et Yahoo! sont associés à ce programme même si ces sociétés ont toujours nié donner un accès direct à leurs serveurs. Dans son message, Yahoo! ne révèle pas l'ampleur des données livrées aux autorités mais se félicite d'avoir obtenu la déclassification des 1.500 pages de documents confidentiels.
«Nous estimons qu'il s'agit d'une importante victoire pour la transparence et nous espérons que ces archives contribueront à promouvoir à un débat éclairé sur la relation entre la vie privée, une procédure équitable et la collecte d'informations liées au renseignement», assure le responsable de Yahoo! dans son message.
Yahoo! a plaidé le respect de la Constitution
Selon des documents de justice partiellement censurés et consultés par l'AFP, Yahoo! a défié le gouvernement sur le terrain de la constitutionnalité, en affirmant que son programme de surveillance violait les règles de protection de la vie privée. Dans un passage, le groupe affirme ainsi que les demandes de l'administration «sont inconstitutionnelles parce qu'elles permettent une surveillance sans mandat de communications personnelles de citoyens américains (...), et qu'elles n'étaient pas justifiables».
Yahoo! a également plaidé que le programme ne se contentait pas de surveiller des cibles à l'étranger mais également aux Etats-Unis «sans qu'ils soient informés que leurs communications internet étaient collectées».«La Cour suprême américaine n'a jamais approuvé une surveillance sans mandat de citoyens américains», affirme le groupe dans un autre passage.
Malgré ces griefs, un document daté du 14 mai 2008 montre que Yahoo! a commencé à se plier aux injonctions du gouvernement concernant «les utilisateurs prioritaires de messageries électroniques que le gouvernement voulait surveiller».
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